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Connectivité du reporting climat et financier

Ce document explore la connectivité entre le reporting financier et extra-financier à travers la comptabilité climatique. Il propose une définition de la connectivité et un score de communication associé. Une étude des pratiques de reporting des entreprises du CAC40 et CAC40ESG montre une faiblesse générale de la connectivité et une forte dispersion des profils de publication, même au sein de l'indice ESG. Cette hétérogénéité pose des questions sur les difficultés de construction de normes de reporting RSE.

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Connectivité du reporting climat et financier

Ce document explore la connectivité entre le reporting financier et extra-financier à travers la comptabilité climatique. Il propose une définition de la connectivité et un score de communication associé. Une étude des pratiques de reporting des entreprises du CAC40 et CAC40ESG montre une faiblesse générale de la connectivité et une forte dispersion des profils de publication, même au sein de l'indice ESG. Cette hétérogénéité pose des questions sur les difficultés de construction de normes de reporting RSE.

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Connectivité entre le reporting financier et extra-

financier : une exploration à travers la comptabilité


« climat »
Bastien David, Sophie Giordano-Spring
Dans Comptabilité Contrôle Audit 2022/4 (Tome 28) , pages 21 à 50
Éditions Association Francophone de Comptabilité
ISSN 1262-2788
© Association Francophone de Comptabilité | Téléchargé le 17/08/2023 sur [Link] via Université Toulouse 1 - Capitole (IP: [Link])

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ISBN 9791093449289
DOI 10.3917/cca.284.0021

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21

Connectivité entre le reporting financier


et extra-financier : une exploration à
travers la comptabilité « climat »
Bastien DAVID
MRM, Université de Montpellier, Montpellier, France
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Sophie GIORDANO-SPRING
MRM, Université de Montpellier, Montpellier, France

Relu par Cadenza Academic Translations

Résumé
À partir d’informations relevant du reporting climat, cette recherche explore la notion
de connectivité entre le reporting financier et extra-financier. À l’aide des propositions de
l’EFRAG (2021), nous proposons une définition de la connectivité et élaborons un score
de communication qui lui est associé. Une étude exploratoire des pratiques des firmes
de l’indice CAC40ESG et CAC40 est ensuite conduite, à partir des scores mesurés et
textes qui leurs sont associés. Les résultats mettent en évidence une faiblesse générale de
la connectivité et une forte dispersion des profils de publication, y compris au sein de
l’indice ESG. Cette hétérogénéité en matière d’indicateurs de performance (KPI) pose
des questions sur les difficultés opérationnelles de construction de normes de reporting
RSE pour les acteurs de marché.
Mots-clés : reporting climat, changement climatique, taxonomie eu-
ropéenne verte, connectivité, reporting intégré

Abstract
Based on climate reporting information, this study explores the notion of connectivity between
financial and non-financial reporting. Using the EFRAG (2021) proposals, we offer a defi-
nition of connectivity and develop a communication score associated with it. An exploratory
study of the practices of firms in the CAC 40 ESG and CAC 40 indexes is then conducted,
based on the measured scores and associated texts. The results highlight a general weakness in
connectivity and a strong dispersion of publication profiles, including within the ESG index.
This heterogeneity in terms of key performance indicators (KPIs) raises questions about the
operational difficulties of building CSR reporting standards for market players.
K eywords: climate reporting, climate change, European green taxonomy, con-
nectivity, integrated reporting

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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1. Introduction
Avec l’accélération du changement climatique (GIEC, 2021), les institutions
publiques et privées telles que les instances comptables européennes prennent
part au débat et s’efforcent de trouver des solutions pour endiguer ce phénomène.
L’hypothèse peut être faite qu’une plus forte connexion entre les informations
comptables ou financières et celles à caractère environnemental est susceptible
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d’orienter les acteurs économiques vers un comportement plus vertueux en la
matière.
Récemment, l’European Financial Reporting Advisory Group (EFRAG) a
publié un rapport composé de recommandations visant à promouvoir de nou-
velles formes de rapprochement entre le reporting financier et extra-financier,
sous le vocable de « connectivité » (EFRAG, 2021a). Ce rapport met en exergue
les limites de l’information financière dans la perspective des objectifs du déve-
loppement durable, et promeut la nécessité « d’interconnecter » le reporting
financier avec l’extra-financier. L’interconnexion du reporting financier et non
financier vise à offrir une forme de dialogue entre les attentes des différentes
parties prenantes de l’entreprise. S’agissant du reporting climat, on peut supposer
que les efforts consentis par une firme en faveur de la réduction des GES ou
de l’adaptation au réchauffement climatique trouvent une traduction financière
lisible dans la situation comptable de l’exercice. Partant d’une lecture des flux
comptables par nature dans l’information réglementée, l’interconnexion renvoie
à la nécessité d’une forme de comptabilité analytique étendue qui « flèche » les
flux comptables dédiés aux efforts environnementaux.
Dans cette recherche, nous définissons la connectivité comme le nombre
de recoupements faits au sein du rapport annuel, entre des informations extra-
financières d’une part et des données issues des états financiers réglementés
(connectivité dite « directe ») comme le chiffre d’affaires vert ou les informa-
tions financières au sens large (connectivité dite « indirecte ») d’autre part comme
la publication de capitaux autres que le capital financier (le capital naturel ou
social). Selon l’EFRAG, la connectivité vise à faciliter les liens entre le repor-
ting financier et le reporting extra-financier et ainsi à avoir une vue d’ensemble
cohérente de l’activité de l’entreprise et de son impact sur son environnement.
L’instance européenne recense des sujets pour lesquels ces liens peuvent être prio-
ritairement faits.
Les informations extra-financières sont définies comme « une information
fournie aux personnes extérieures à l’organisation sur des dimensions de la per-
formance autres que l’évaluation traditionnelle de la performance financière du
point de vue des actionnaires et des détenteurs de dettes » (Erkens et al., 2015,
p. 25). Au sein des informations extra-financières, le reporting climat appa-
rait désormais comme une composante incontournable. Ce dernier expose la

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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description par les entités déclarantes, notamment dans les rapports annuels, des
modalités de prise en compte de leur contribution à la lutte contre le réchauffe-
ment climatique. Nous considérons le reporting climat comme le niveau le plus
élevé d’informations environnementales regroupant à la fois l’impact de l’entre-
prise sur l’environnement, l’impact de l’environnement sur l’entreprise, la perfor-
mance de l’entreprise pour diminuer son impact sur le climat et toutes les poli-
tiques liées à l’atténuation et à l’adaptation du changement climatique (Union
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européenne, 2020). À la lecture du reporting climat, l’utilisateur doit comprendre
comment l’organisation concernée prend en compte le changement climatique et
comment elle participe à sa lutte selon les objectifs fixés par le GIEC (2021) et par
les accords internationaux sur le climat (Nations unies, 2015).
Notre recherche explore ce concept de connectivité, tant d’un point de vue
conceptuel que d’un point de vue empirique. L’idée d’une mise en cohérence sou-
haitable entre des informations financières et des informations non financières
pour expliquer la création de valeur n’est pas en soi nouvelle. Le cadre conceptuel
International Integrated Reporting Council (IIRC) avait déjà explicitement pro-
posé un tel objectif. L’émergence du reporting climat offre un sujet d’illustration
des difficultés et tentatives de lier dépenses, revenus et efforts en faveur de la
lutte contre le changement climatique. L’introduction récente de cette notion de
connectivité dans les projets de normalisation portés par l’EFRAG constitue un
contexte unique. Ainsi, notre étude s’efforce de réconcilier les approches théo-
riques et pratiques sur la connectivité. À partir des propositions de l’EFRAG,
nous conduisons une étude empirique exploratoire sur les pratiques des firmes
intégrées aux indices CAC 40 et CAC 40 ESG. L’EFRAG recense en effet
10 « points d’ancrage », qui sont autant d’indicateurs ou de thèmes particulière-
ment appropriés pour croiser ou mettre en cohérence les données financières avec
les données extra-financières. Ces 10 points d’ancrage constituent notre grille
d’analyse et fondent la mesure d’un score de connectivité. L’analyse des scores
observés dans l’échantillon est complétée par une analyse des textes associés à ces
points d’ancrage, collectés au sein des rapports annuels étudiés.
Nos résultats montrent tout d’abord que le niveau global de connectivité
observé au sein de notre échantillon est relativement faible. Même si le niveau
de connectivité des entreprises du CAC 40 ESG est un peu supérieur à celui
des entreprises du CAC 40, il n’en reste pas moins faible dans l’ensemble. Mais
surtout, on observe que la dispersion des scores est forte, y compris au sein de
l’indice CAC 40 ESG. L’étude des verbatims associés aux points d’ancrage ren-
force ce résultat. Les pratiques en la matière ne traduisent pas pour l’heure qu’une
norme est en train de se créer. Cela renvoie à des questionnements sur l’usage que
les acteurs de marché pourraient valablement faire de ces indicateurs et textes,
en particulier dans la perspective du reporting climat et des enjeux qui y sont
associés. Le reporting climat est en effet supposé être le reflet des actions de

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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l’entreprise dans leur participation à la lutte contre le changement climatique.


Compte tenu de l’absence de normalisation dans le domaine, le risque d’écoblan-
chiment n’est pas absent du reporting climat et un renforcement de la connecti-
vité serait susceptible de réduire ce risque.
Cette recherche apporte deux contributions principales à la littérature. D’une
part, elle constitue à notre connaissance la première étude empirique qui explore
l’opérationnalité du cadre conceptuel développé par l’EFRAG. Compte tenu de
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l’évolution réglementaire en cours rendant obligatoires les indicateurs de connec-
tivité dite directe (ou KPIs), nous effectuons un état des lieux des pratiques des
firmes les plus exposées à l’attention des acteurs de marché.
D’autre part, nos résultats mettent en évidence que les pratiques des entre-
prises intégrées à l’indice CAC 40 ESG ne témoignent pas d’un effort nettement
supérieur en matière de connectivité, par rapport à celles intégrées à l’indice
CAC 40 « classique ». De surcroit, on observe une variabilité forte des contenus
informationnels des publications, y compris pour les firmes ayant été distinguées
comme étant performantes du point de vue ESG.
La première section présente un état de l’art de la notion de « connectivité » à
travers des approches théoriques et empiriques (cf. 2.). La méthodologie utilisée
pour cette étude exploratoire est ensuite détaillée (cf. 3.), suivie des résultats de
l’étude exploratoire (cf. 4.). Enfin, la discussion des résultats envisage des pistes
de réflexions pour de futures études (cf. 5.).

2. La notion de « connectivité » :
approches théoriques et empiriques
Cette section aborde les approches conceptuelles de la connectivité dans les-
quelles notre recherche s’inscrit (2.1.). L’approche empirique de la connectivité
développée par l’EFRAG vient ensuite compléter ces approches (2.2) et consti-
tuer le socle de la méthode de recherche présentée ensuite.

2.1 Les approches conceptuelles de la connectivité


Depuis les premiers travaux consacrés au reporting intégré (Eccles et Krzus,
2010), des auteurs se sont intéressés à ce qui le différentie du reporting tradi-
tionnel (Jensen et Berg, 2012).
Selon l’IIRC (Integrated reporting IR, 2020 ; IIRC, 2013), les rapports inté-
grés (RI) se définissent comme « une communication consensuelle sur la manière
dont la stratégie, la gouvernance, les performances et les perspectives d’une orga-
nisation, dans le contexte de son environnement externe, conduisent à la création

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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de valeur à court, moyen et long terme »1. Par cette définition, l’IIRC énonce que
cette création de valeur est destinée à l’organisation elle-même, qu’elle permet de
dégager des rendements financiers pour les fournisseurs de capital financier et
les autres parties prenantes. Cette création de valeur permet ainsi d’augmenter
différents types de capitaux selon l’IIRC : les capitaux financiers, manufacturiers,
intellectuels, humains, sociaux et naturels (Integrated reporting IR, 2020).
La théorie des parties prenantes et de l’agence (Hill et Jones, 1992) joue un rôle
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central dans la recherche sur les RI (Frías-Aceituno et al., 2013 ; Frias-Aceituno
et al., 2013 ; Gianfelici et al., 2018). Cette théorie postule que les informations
divulguées dans les RI devraient diminuer les asymétries d’information et atté-
nuer les conflits d’intérêts entre les dirigeants et les différents groupes de parties
prenantes (Eccles et Krzus, 2015). Afin de mener des procédures de RI efficaces,
les entreprises ont besoin de systèmes de gouvernance d’entreprise internes et
externes appropriés. Ainsi, différents mécanismes internes de gouvernance d’en-
treprise, tel que la composition du conseil d’administration et de ses comités,
devraient réduire les coûts d’agence (Jensen et Meckling, 1976) et augmenter la
probabilité de compiler un RI de haute qualité. Néanmoins, compte tenu de sa
nature narrative et de l’absence de lignes directrices spécifiques, des recherches
antérieures ont montré que la préparation d’un RI est caractérisée par la discré-
tion managériale (Beattie, 2014 ; Higgins et al., 2014 ; Lai et al., 2018), ce qui
ouvre la voie à l’écoblanchiment des entreprises et à la gestion des impressions.
Afin de réaliser ce reporting intégrant à la fois des informations financières et
des informations environnementales et sociales, il faut établir une connexion des
informations et donc des reporting financiers et extra-financiers. Comme Cheng
et al. (2014), cette recherche tente de comprendre comment ce reporting est
intégré et quels sont les défis associés à sa mise en pratique. Plus spécifiquement,
nous espérons comprendre comment la connectivité pourrait à la fois permettre
d’obtenir un reporting plus comparable (Ruiz-Lozano et Tirado-Valencia, 2016)
et plus qualitatif.
Le concept de connectivité est étroitement lié au contexte du RI ; « un rap-
port intégré doit montrer, en tant qu’histoire complète de création de valeur, la
combinaison, l’interrelation et les dépendances entre les composants qui sont
importants pour la capacité de l’organisation à créer de la valeur au fil du temps »
(World Intellectual Capital Initiative, 2013). La connectivité s’améliore lorsqu’un
RI suit une structure logique, adopte une forme de communication appropriée

1. « A concise communication about how an organization’s strategy, governance, perfor-


mance and prospects, in the context of its external environment, lead to the creation
of value over the short, medium and long term ».

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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et claire, et utilise des outils de navigation permettant de relier les sections et de


faire des références croisées (IIRC, 2013).
Le principe directeur de la connectivité de l’information fait référence à la
connectivité des éléments de contenu d’un RI, de la référence temporelle des
informations fournies, des informations monétaires et non-monétaires, des
informations quantitatives et qualitatives, des informations internes et externes
et encore des informations contenues dans le RI et dans d’autres publications de
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l’entreprise (Grassmann et al., 2019).
Depuis une dizaine d’années, un nouveau concept s’insère dans la littérature
en complément de la comptabilité carbone, celui de la comptabilité du change-
ment climatique (Atkins et al., 2015 ; Ben-Amar et McIlkenny, 2015 ; Hahn
et al., 2015 ; Jing et al., 2014 ; Kalu et al., 2016) ou encore « reporting climat »
(AMF, 2020 ; David et Giordano-Spring, 2022 ; Gulluscio et al., 2020). Ce der-
nier ne peut être appréhendé uniquement par le biais du reporting financier ou
extra-financier mais il doit être un ensemble connecté et cohérent.
Le contenu d’un tel reporting reste un sujet d’exploration, oscillant entre
vision réduite des émissions carbone ou une vision plus large des informations
qualitatives sur les stratégies de lutte contre le changement climatique. Ainsi, la
comptabilité carbone pourrait se limiter aux émissions de la substance en question
alors que la comptabilisation du changement climatique inclurait des émissions
indirectes de GES telles que les émissions du scope 3 selon le référentiel GHG
protocol (Schaltegger et Csutora, 2012). Pour Ngwakwe (2012), la comptabilité
du changement climatique concerne la comptabilisation des émissions, l’em-
preinte GES, la capture et le stockage du carbone et les calculs de séquestration ;
elle s’appuie également sur les notions de politique d’adaptation et d’atténuation
au changement climatique. La comptabilité carbone apparait donc comme une
composante de la comptabilité du changement climatique, mais cette dernière
inclut également d’autres éléments ayant un impact sur le climat.
Outre la production des données et la publication de telles informations, la
question de la capacité des utilisateurs potentiels, investisseurs ou public élargi, à
lire ces informations et à les intégrer dans leurs prises de décisions au sujet de la
firme se pose. Des discours divergents selon les canaux de diffusion ont été déjà
relevés dans la littérature (Depoers et al., 2016 ; Jerome, 2013). L’un des enjeux de
ce reporting climat est, par conséquent, de ne pas constituer un discours décon-
necté des leviers de la performance économique de la firme.
La connectivité du reporting climat reste encore à construire, car le repor-
ting climat est bien souvent composé uniquement d’informations non finan-
cières. Sans accompagner ces informations d’éléments financiers, il est difficile
d’identifier à quelle hauteur un groupe investit de l’argent pour mener à bien
des politiques d’atténuation ou d’adaptation au changement climatique (David
et Giordano-Spring, 2022). Il y a donc une nécessité d’accompagner certaines

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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informations non financières d’informations financières. Par exemple, si une


entreprise mène une politique de réduction d’émissions de GES, elle doit indi-
quer le montant d’émissions qu’elle souhaite réduire et combien cette politique
va coûter en investissement matériel et humain.
Le reporting climat est un reporting en construction qui doit encore définir
ses limites, mais qui doit également s’intégrer davantage au reporting finan-
cier non seulement pour les actionnaires ou les investisseurs, mais aussi pour
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l’ensemble des parties prenantes. L’amélioration de la connectivité du reporting
climat est donc primordiale pour créer un reporting plus lisible et comparable et
surtout plus connecté avec les informations financières.

2.2 L’approche empirique développée par l’EFRAG


En juin 2020, la Commission européenne a émis une demande de conseil
technique mandatant l’EFRAG pour entreprendre des travaux préparatoires à
l’élaboration d’éventuelles normes européennes d’information non financière
dans le cadre d’une révision de la directive dite « NFRD » (Non Financial
Reporting Directive). Les travaux ont été menés par une « Task Force » chargée
de conduire des travaux préparatoires à l’élaboration d’éventuelles normes
européennes d’information non financière. Le rapport final de la Task Force
propose une feuille de route pour le développement d’un ensemble de normes
européennes de reporting sur le développement durable. Ce rapport s’intitule
« Proposals for a relevant and dynamic EU sustainability reporting standard-
setting » (EFRAG, 2021b).
L’EFRAG décompose également son rapport principal en six sous-rapports,
chacun spécialisé dans un thème particulier dont l’un s’intitule : « Interconnection
between financial and non-financial information » (EFRAG, 2021a). L’objectif
de ce rapport était d’évaluer l’interconnexion entre les informations financières
et les informations non financières. Sur la base du plan de travail adopté par
le Project Task Force (PTF), ce rapport s’est concentré sur l’identification et
l’examen des limites et des zones d’ombre des informations financières, l’évalua-
tion des développements actuels en matière d’interconnexion et l’identification
des « points d’ancrage » de l’interconnexion entre les informations financières et
les informations non financières. Selon l’EFRAG (2021a), un « point d’ancrage »
est défini comme une donnée et/ou une information (quantitative ou qualitative)
qui offre une possibilité de connexion (par exemple, une zone de chevauchement)
entre le reporting financier et le reporting extra-financier.
L’EFRAG (2021a) propose également un autre concept, « la ligne monétaire ».
La ligne monétaire illustre un type de chronologie allant de la matérialité envi-
ronnementale et sociale à la matérialité financière. La matérialité environnemen-
tale et sociale dans le contexte de la perspective de la double matérialité est large

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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et concerne à la fois les impacts rétrospectifs et les impacts orientés vers l’avenir
(EFRAG, 2021a). Certains problèmes peuvent revenir et toucher l’entreprise.
Cet « effet de rebond » se matérialise généralement dans les états financiers des
périodes comptables futures, mais il peut également toucher également les états
financiers de la même période comptable dans certains cas. L’EFRAG (2021a)
donne l’exemple des émissions de GES qui peuvent avoir un effet de rebond sur
l’entité, en cas de non-respect des objectifs d’émissions d’un parc automobile
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qui a entraîné une amende. Lorsque l’effet de rebond de la perspective de double
matérialité se traduit par une perspective de simple matérialité l’utilisateur du
reporting financier attendra des informations dans le rapport de gestion sur les
risques ou les opportunités dans une période prévisible, à moins que l’impact ne
soit déjà saisi dans les états financiers.
Les principaux standards identifiés par l’EFRAG pour réaliser une bonne
connectivité entre le reporting financier et extra-financier dans un cadre volon-
taire sont les recommandations de la Task Force on Climate-related Financial
Disclosures (TCFD), les recommandations de l’IIRC et les Guidelines on non-
financial reporting (2017/C 215/01).
Les recommandations de la TCFD (2017) représentent le nouveau standard
intégrant le plus d’informations relatives au climat en adéquation avec la COP21
et le rapport du GIEC (2014). Ces recommandations ont pour objectif d’aider
les entreprises à construire leur reporting climat autour de quatre thèmes : la
gouvernance, la stratégie, la gestion des risques et les mesures et cibles. Nous
pouvons par exemple citer l’analyse de scénario pour quantifier les risques et les
opportunités découlant des changements climatiques ou encore proposer une
quantification de risques ESG ayant un impact probable sur les performances de
l’entreprise (TCFD, 2017).
L’IIRC propose une méthodologie pour réaliser un reporting intégré en y
insérant des capitaux autres que les capitaux financiers (naturels, humains, etc.).
Cette méthodologie est liée à la manière dont le management gère l’affectation de
la création de valeur d’une entreprise ou de la performance financière liée à des
sujets environnementaux et sociaux (IIRC, 2013).
Les Guidelines on non-financial reporting (2017/C 215/01)2 proposent des
lignes directrices afin d’aider les sociétés à communiquer des informations non
financières (en matière d’environnement, de société et de gouvernance). Une
entreprise pourrait ainsi citer des informations pertinentes sur les impacts réels et
potentiels de ses activités sur l’environnement et sur la manière dont les questions
environnementales actuelles et prévisibles peuvent affecter son développement, sa

2. [Link]
(01)&from=EN

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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performance ou sa position. Cela peut être représenté par une valeur monétaire
représentant les impacts externes (environnementaux, sociaux, économiques) des
activités des entreprises et la manière dont une entreprise réduira les externalités
négatives (émissions de GES) et améliorera les externalités positives (amélioration
du capital humain).
L’EFRAG a identifié deux principaux standards obligatoires qui permettent
de réaliser une connectivité : la Non Financial Reporting Directive (NFRD)
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(Directive 2014/95/ EU) et la taxonomie européenne (2020).
La NFRD invite les entreprises de plus de 500 salariés à produire une décla-
ration de performance extra-financière dont les principaux éléments environ-
nementaux apparaissent dans la publication d’informations significatives sur la
prévention et le contrôle de la pollution et sur l’incidence de la consommation
d’énergie sur l’environnement. Cette directive est intimement liée aux Guidelines
on non-financial reporting (2017/C 215/01) par les informations demandées, qui
sont cependant obligatoires pour les entreprises concernées.
La taxonomie européenne verte (Union européenne, 2020) est une classifica-
tion standardisée pour évaluer la durabilité d’activités économiques. L’objectif de
cette taxonomie est de mettre en avant les secteurs d’activité où il est préférable
d’investir pour atteindre la neutralité carbone en 2050 en Europe. L’article 8
du règlement sur la taxonomie oblige les entreprises concernées par la directive
2014/95/UE (la directive sur les rapports non financiers, NFRD) à publier des
informations sur la manière et la mesure dans laquelle leurs activités sont asso-
ciées à des activités économiques qualifiées d’écologiquement durables en vertu
du règlement sur la taxonomie. La publication de trois « key performance indi-
cators (KPI) » liés aux activités écologiquement durables est également prévue, à
savoir la part de leur chiffre d’affaires (CA), la part de leurs dépenses d’investisse-
ment (CapEx) et celle de leurs dépenses d’exploitation (OpEx), qui sont liées à des
activités écologiquement durables. Ces KPI sont définis par l’EFRAG (2021a),
comme des éléments faisant partie de la connectivité directe. La connectivité
directe se caractérise par la possibilité de rapprocher les infor- mations relatives
au climat à des informations ou des données figurant dans les états financiers ou
dans le grand livre. La connectivité indirecte caractérise un lien entre une infor-
mation RSE (par exemple, une analyse de cycle de vie ou une analyse de scénario)
et une information intégrée dans les états financiers au sens large (par exemple,
un budget ou un prévisionnel).
Notre hypothèse générale repose sur le fait que le niveau de connectivité est
censé être élevé chez des entreprises qualifiées de vertueuses sur le plan envi-
ronnemental et social par les marchés financiers (CAC 40 ESG). Nous pensons
également trouver des KPI comparables d’une entreprise à une autre afin d’ap-
précier la qualité de la connectivité directe. Il reste donc à mesurer le niveau de
connectivité entre le reporting financier et extra-financier. Pour cela, nous nous

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


30

basons sur les recommandations de l’EFRAG (2021a) afin de créer un indice de


divulgation que nous présenterons dans la section suivante (3.). Nous allons donc
maintenant présenter la méthodologie associée à cette question de recherche.

3. Méthodologie de l’étude
Après avoir présenté les éléments constitutifs de la comptabilité du change-
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ment climatique et la notion de connectivité, nous expliquons la méthode de
recherche employée. Notre objectif est d’examiner l’état de la connectivité sur des
entreprises écologiquement vertueuses et également d’identifier les différences de
divulgation relatives à la connectivité directe. Nous présenterons dans un pre-
mier temps l’échantillon puis, dans un second temps, nous présentons l’instru-
ment de mesure retenu pour apprécier et discuter de la notion de connectivité, en
cohérence avec les propositions de l’EFRAG (2021b).

3.1 L’indice CAC 40® ESG par référence à l’indice cac 40


La place boursière Euronext a lancé en 2021 un nouvel indice boursier
« CAC 40® ESG » basé sur l’indice CAC 40, mais en excluant toutes les entre-
prises ne respectant pas la méthodologie de Vigeo Eiris/Moody’s devenue V.E.
« Alimenté par V.E., l’indice CAC 40® ESG d’Euronext a été conçu pour identi-
fier les 40 sociétés de l’indice CAC ® Large 60 qui font preuve des meilleures pra-
tiques en matière d’environnement, de société et de gouvernance ». Même si ce
type d’indice fait déjà débat dans la presse financière durable comme Novethic3,
c’est le premier indice en France qui respecte des critères environnementaux et
sociaux. La création de cet indice boursier vise à intégrer les préoccupations liées
à la lutte contre le changement climatique comme le prévoit la taxonomie euro-
péenne (2020) avec la réduction des émissions pour respecter les accords de Paris.
L’échantillon total étudié comprend 49 entreprises cotées. Cet échantillon
peut être subdivisé en 3 sous-groupes (voir Tableau 1) : le groupe 1 rassemble les
entreprises qui sont intégrées à la fois aux indices CAC 40 et CAC 40 ESG (soit
31 entreprises), le groupe 2 identifie les entreprises présentes uniquement dans
l’indice CAC 40 et exclues de l’indice CAC 40 ESG (soit 9 entreprises) ; enfin le
groupe 3 est composé des entreprises incluses dans l’indice CAC 40 ESG alors
qu’elles ne sont pas intégrées à l’indice CAC 40 traditionnel. Ce groupe 3 met
ainsi en évidence des firmes dont la performance sociétale est supérieure à celle
contenue dans le groupe 2.

3. [Link]
marketing-ou-flechage-des-entreprises-les-plus-durables-538

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


31

Tableau 1. Échantillon
Entreprises presentes Entreprises présentes Entreprises présente
dans les deux uniquement dans l’indice uniquement dans l’indice
indices (groupe 1) CAC 40 (groupe 2) CAC 40 ESG (groupe 3)
1 Air liquide AIRBUS ACCOR
2 ATOS ALSTOM ARKEMA
3 AXA ARCELORMITTAL EDF
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4 BNP PARIBAS DASSAULT SYSTEMES GECINA
5 BOUYGUES ESSILORLUXOTTICA KLEPIERRE REIT
6 CAPGEMINI HERMES INTL. SODEXO
7 CARREFOUR SAINT GOBAIN SOLVAY
8 CRÉDIT AGRICOLE THALES SUEZ
9 DANONE TOTAL VALEO
10 ENGIE
11 KERING
12 L’ORÉAL
13 LEGRAND
14 LVMH
15 MICHELIN
16 ORANGE
17 PERNOD-RICARD
18 PEUGEOT
19 PUBLICIS GROUPE
20 RENAULT
21 SAFRAN
22 SANOFI
23 SCHNEIDER ELECTRIC
24 SOCIETE GÉNÉRALE
25 STMICROELECTRONICS
26 TELEPERFORMANCE
27 UNIBAIL
28 VEOLIA ENVIRON
29 VINCI
30 VIVENDI
31 WORLDLINE

Après avoir présenté notre échantillon, nous allons développer l’instrument


de mesure de la connectivité.

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


32

3.2 Mesure du niveau de connectivité


Une grille d’analyse a été élaborée afin de mesurer la connectivité entre les
reporting financier et extra-financier d’une firme à l’instar des travaux antérieurs
dans le contexte français pour l’analyse qualitative de rapports intégrés (Albertini,
2019 ; Zinsou, 2018). Cette grille d’analyse, composée au total de 10 items, dis-
tingue les items relevant d’une connectivité dite directe, de ceux relevant d’une
connectivité indirecte, selon une terminologie retenue par l’EFRAG (2021a). Les
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items de connectivité directe sont des indicateurs financiers qui mettent en rela-
tion une information à caractère environnementale avec des données figurant
dans les états financiers ou dans le grand livre. Les items de connectivité indi-
recte sont des argumentaires suggérant un lien entre une information RSE (par
exemple, une analyse de cycle de vie ou une analyse de scénario) et une informa-
tion financière au sens large (par exemple, un budget ou un prévisionnel)4.
En référence aux propositions de l’EFRAG, trois indicateurs permettent une
connectivité directe, permettant un croisement entre données issues des états
financiers et informations environnementales liées aux activités de l’entreprise.
Les items 1 à 3 constituent des indicateurs financiers « verts » représentant en
valeur absolue le montant associé à des « activités économiques durables sur le
plan environnemental »5 telles qu’elles sont définies dans la législation relative à
la taxonomie (2020). L’annexe 1 présente les activités définies comme durables
sur le plan environnemental selon la taxonomie européenne, c’est-à-dire partici-
pant à l’atténuation et à l’adaptation du changement climatique. Ces indicateurs
financiers sont respectivement le montant du chiffre d’affaires (CA), des dépenses
d’investissement (CAPEX) et des dépenses opérationnelles (OPEX) associés à
des « activités économiques durables sur le plan environnemental ». Afin de pou-
voir comparer ce montant en valeur absolue avec celui d’autres entreprises, il est
recommandé de proposer un montant en valeur relative par rapport aux CA,
CAPEX et OPEX standards. Les KPI se représentent de la manière suivante :
Tableau 2. Calculs des KPI environnementaux en valeur relative

4. « Indirect connectivity is characterised by the need to put in relation a sustainability


disclosure (e.g., future investments or expenses, scenario analysis...) with an informa-
tion used for financial reporting at large (5-year plan, Financial Planning & Analysis,
Budget, Capex plan, etc) without being included in the financial statements or in the
general ledger » (EFRAG, 2020).
5. [Link]
act-2021-4987_en.pdf

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


33

Par ailleurs, l’EFRAG recommande aux entreprises de développer des argu-


mentaires relatifs à la cohérence entre les informations extra-financières et les
données financières, entendues au sens plus large que celles comprises dans les
états financiers réglementés. Sept autres items sont ainsi identifiés comme des
« points d’ancrage » de la connectivité indirecte, c’est-à-dire des sujets pour les-
quels une cohérence entre données financières et extra-financières est attendue.
Sept points d’ancrage sont ainsi proposés par l’EFRAG. Deux items sont issus
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des recommandations de l’International <IR> Framework, 4 items des recom-
mandations de la TCFD et un item de la directive NFRD.
En référence aux travaux de l’International <IR> Framework, il est recom-
mandé aux entreprises d’expliquer la manière dont le management gère l’affec-
tation de la création de valeur d’une entreprise ou de la performance financière
liée à des sujets environnementaux et sociaux (I4). Il est également demandé
aux entreprises de divulguer des capitaux supplémentaires autres que financiers
(IR Framework, 2013)6 qu’elles pourraient comptabiliser (I7). En référence aux
recommandations de la TCFD (2017), les entreprises réalisent une analyse de
scénario pour quantifier les risques et les opportunités liés au changement clima-
tique (I5). Elles doivent également quantifier leurs risques ESG ayant un impact
probable sur les performances de l’entreprise (I8). Elles doivent aussi publier des
objectifs non financiers en expliquant l’impact financier probable à la fois sur
les performances de l’entreprise et sur les impacts sociaux (I9). Enfin, il leur est
demandé d’établir un lien quantitatif entre les changements des indicateurs ESG
et la performance financière (par exemple, un changement de 1 % dans l’engage-
ment des employés a un impact sur le résultat d’exploitation) (I10).
Il leur est demandé également de proposer un calcul de la valeur monétaire
des impacts externes (environnementaux, sociaux, économiques) de leurs activités
et de quelle manière elles réduisent les externalités négatives et elles améliorent
les externalités positives (I6). Cet item fait à la fois référence à la NFRD (direc-
tive 2014/95/EU) et aux Non-binding guidelines (2017/C 215/01) en matière de
présentation et de réduction des émissions de GES. Ainsi, l’EFRAG choisit de
ne pas créer de nouveaux standards, mais au contraire, d’utiliser les standards
volontaires et obligatoires existants afin d’améliorer la connectivité du reporting
climat.
Ces dix items issus de l’EFRAG (2021a) sont codés pour l’ensemble des
firmes considérées dans l’indice CAC 40 ESG et CAC 40 à l’aide du logiciel
Nvivo. Le tableau 3 présente pour chacun des 10 points d’ancrage (constituant

6. Tel que le prévoient les travaux de l’IIRC qui cite comme exemple de capital : le
capital financier ; le capital manufacturé ; le capital intellectuel ; le capital humain ; le
capital social et relationnel et enfin le capital naturel.

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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nos 10 items) le détail de l’indicateur ou de l’argumentaire attendu ainsi que le


référentiel auquel il est associé.

Tableau 3. Grille d’analyse de la connectivité


(indice de divulgation)
Points d’ancrage (selon défini-
Items Référentiels
tions de l’EFRAG (2021a))
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Chiffre d’affaires vert (produits environne- Taxonomie euro-
I1
mentaux) péenne (2020)
Connectivité Dépenses d’investissement vertes (environ- Taxonomie euro-
I2
directe nementales) péenne (2020)
Dépenses opérationnelles vertes (environne- Taxonomie euro-
I3
mentales) péenne (2020)
Expliquer la manière dont le management International <IR>
gère l’affectation de la création de valeur Framework (2013,
I4 d’une entreprise ou de la performance finan- 2020)
cière liée à des sujets environnementaux et
sociaux
Analyse de scénario pour quantifier les TCFD (2017)
I5 risques et les opportunités découlant des
changements climatiques
Valeur monétaire des impacts externes NFRD (2014)
(environnementaux, sociaux, économiques)
des activités des entreprises et de la manière
I6
dont une entreprise réduira les externali-
tés négatives et améliorera les externalités
Connectivité positives.
indirecte
Divulgation de capitaux autres que financiers International <IR>
I7 Framework (2013,
2020)
Quantification de risques ESG ayant un TCFD (2017)
I8 impact probable sur les performances de
l’entreprise
Publier des objectifs non financiers en expli- TCFD (2017)
quant l’impact financier probable à la fois
I9
sur les performances de l’entreprise et sur les
impacts sociaux et environnementaux
Établir un lien quantitatif entre les change- TCFD (2017)
I10 ments des indicateurs ESG et la performance
financière

Les 10 items sont à coder pour chaque entreprise et le groupe 1 est composé
de 31 entreprises ce qui représente 310 observations (n) et le groupe 2 et 3 sont
composés chacun de 9 entreprises ce qui constitue 90 observations par groupe.
Concernant la connectivité directe, il y a 3 items à analyser, ce qui représente
respectivement 93, 27 et 27 observations pour le groupe 1, 2 et 3. Concernant

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


35

la connectivité indirecte, il y a 7 items à observer ce qui représente respective-


ment 217, 63 et 63 observations pour le groupe 1, 2 et 3.

3.3 Le protocole de recherche


Après avoir sélectionné nos échantillons (étape 1), les documents d’enregistre-
ment universel (URD) de toutes les sociétés de l’échantillon pour l’année 2019
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ont été collectés, soit 49 rapports (étape 2). Ces documents ont l’avantage de se
rapprocher au plus près d’un rapport intégré, car ils incluent le rapport extra-
financier ainsi que le rapport financier.
Ensuite à l’aide du logiciel Nvivo, nous avons codé 1 ou 0 pour chaque item de
notre indice de divulgation (étape 3) : 0 pour l’absence de l’information recher-
chée et 1 pour sa présence. Cela nous permet d’obtenir un score par item et par
type de connectivité et un score global afin de pouvoir comparer les entreprises
(étape 4).
La présentation des KPI indiqués dans l’article 8 du règlement de taxonomie7
allant devenir obligatoire d’ici le 1er janvier 2022 pour les entreprises déjà sou-
mises à la déclaration de performance extra-financière (à partir du reporting
de 2021)8, nous avons souhaité réaliser une analyse de contenu exploratoire com-
plémentaire afin d’observer les différences de pratiques en matière de connectivité
directe (étape 5).
Nous présentons le protocole de recherche dans la figure suivante :

Figure 1. Protocole de la recherche

Étape 1 : Sélection de l’échantillon


Étape 2 : Collecte des documents d’enregistrement universel de toutes les sociétés de
l’échantillon pour l’année 2019
Étape 3 : Codage des données
Étape 4 : Analyse des résultats obtenus
Étape 5 : Étude exploratoire de la connectivité directe

Partant de ces choix méthodologiques, nous présentons les résultats de l’étude


empirique conduite. Enfin, nous poursuivons par une étude exploratoire de la
connectivité directe afin d’identifier les différences de divulgation entre les

7. [Link]
from=F
8. [Link]

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


36

entreprises. L’objectif est d’observer les différences de comptabilisation entre les


entreprises sur ce sujet.

4. Résultats
Cette section présente tout d’abord une analyse descriptive des scores de
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connectivité (4.1.) et ensuite une analyse de contenu des rapports examinés (4.2.).

4.1 Analyse descriptive des scores de connectivité


Le tableau 4 présente les scores de connectivité obtenus pour les 3 sous-
groupes de notre échantillon.

Tableau 4. Connectivités moyennes


obtenues à partir de l’échantillon
Connectivité Connectivité Connectivité
directe indirecte globale
Groupe 1 = ALL 12 %* 35 % 28 %
Groupe 2 = non ESG 7% 22 % 18 %
Groupe 3 = ESG 22 % 51 % 42 %

* le chiffre en % est le rapport entre le nombre d’observations et le nombre total de l’effectif théorique
des observations répondant à l’item.

Nous constatons que les connectivités globales, directes, et indirectes sont


relativement faibles, car les scores sont inférieurs à 51 % pour les trois groupes
de données. Cependant, les résultats montrent des disparités fortes entre les trois
groupes. Le groupe 3 est celui dont les connectivités sont les plus élevées : les
connectivités directes, indirectes et globales sont respectivement égales à 22 %,
51 % et 42 %. Cela signifie que ces entreprises présentent plus d’informations
répondant aux recommandations de l’EFRAG (2021a) que les deux autres
groupes. Le groupe 2 est celui qui répond le moins aux recommandations de
l’EFRAG (2021a), car il présente les connectivités les plus faibles 7 %, 22 % et
18 % pour les différentes connectivités. Le groupe 1, lui fait figure de groupe
moyen entre les deux autres groupes affichant des connectivités de 12 %, 35 %
et 28 %.
Nous constatons, tous groupes confondus, que les items 4, 5, 8 et 9 sont ceux
qui obtiennent les scores les plus élevés (où nous obtenons le plus d’observa-
tions). L’item 4 montre la volonté des entreprises de prendre en compte le social
et l’environnemental dans leur modèle de création de valeur. L’item 8, lui, reflète
la volonté de l’entreprise de présenter à ses parties prenantes son impact sur le

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


37

climat et elle doit également quantifier cet impact monétairement. L’item 9, lui,
demande aux entreprises de publier des objectifs non financiers en expliquant
l’impact financier probable à la fois sur la performance de l’entreprise et sur les
impacts sociaux et environnementaux.

Tableau 5. Connectivités obtenues par item dans les trois groupes


Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3
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ESG + Uniquement Uniquement
non ESG non-ESG ESG
N = 31 N=9 N=9
n* % n % n %
I1 - Chiffre d'affaires vert
2 6% 0 0% 2 22 %
(produits environnementaux)
I2 - CAPEX vert (dépenses d'investissement) 6 19 % 1 11 % 2 22 %
I3 - OPEX vert (dépenses d'exploitation) 3 9% 1 11 % 2 22 %
I4 - Expliquer comment la direction gère l'affec-
tation de la création de valeur ou des perfor-
20 64 % 3 33 % 9 100 %
mances financières d'une entreprise face aux
questions environnementales et sociales
I5 – Analyse de scénarios pour quantifier les
risques et les opportunités découlant du chan- 14 45 % 1 11 % 5 55 %
gement climatique
I6 - Valeur monétaire des impacts externes
(environnementaux, sociaux, économiques)
des activités de l’entreprise et comment une 0 0% 0 0% 0 0%
entreprise va réduire les externalités négatives et
renforcer les externalités positives.
I7 – Divulgation du capital non financier 11 35 % 1 11 % 3 33 %
I8 – Quantification des risques ESG ayant
un impact probable sur les performances de 20 64 % 6 66 % 8 88 %
l’entreprise.
I9 – Publier des objectifs non financiers expli-
quant l’impact financier probable à la fois sur la
11 35 % 3 33 % 7 77 %
performance de l’entreprise et sur les impacts
sociaux et environnementaux.
I10 – Établir un lien quantitatif entre l’évolution
des indicateurs ESG et la performance finan- 0 0% 0 0% 0 0%
cière.

* n est le nombre d’entreprises divulguant des informations correspondant à l’item.


% : moyenne des valeurs relatives entre le nombre d’entreprises répondant à l’item et le total des entre-
prises du groupe soit 31 pour le groupe 1 et 9 pour les groupes 2 et 3.

Globalement, nous constatons que certains items semblent être plus impor-
tants pour les entreprises et nous notons également que nous n’avons pas pu iden-
tifier, pour toutes les entreprises de l’échantillon, des éléments nous permettant
de coder les items 6 et 10. Nous constatons également un faible taux de divul-
gation pour les items 1, 2 et 3 alors que ces derniers vont devenir obligatoires

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


38

en 2022 en France ; cela montre qu’en 2019, il n’y avait pas encore une volonté
affirmée de publier ce type d’information.

4.2 Analyse de contenu des rapports annuels


Nous développons en suivant l’analyse du contenu des rapports et illustrons
la manière dont les firmes rendent compte des recoupements et cohérences entre
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leurs données comptables ou financières et leurs efforts environnementaux ou
sociaux. Nous focalisons dans cette section notre attention sur la connectivité
directe, car c’est la connectivité qui a été la plus complexe à analyser.
Le tableau 6 présente le détail des trois KPI environnementaux (chiffre d’af-
faires vert, CAPEX vert et OPEX vert) correspondant aux trois items de connec-
tivité directe, et ce pour les entreprises ayant renseigné au moins un des trois KPI.
Les calculs présentés dans le tableau 2 ont permis d’obtenir la valeur relative ; les
valeurs des CA, CAPEX et OPEX ont été extraites en valeur absolue de la base
de données Datastream afin d’obtenir des données comparables et homogènes.

Tableau 6. Entreprises divulguant au moins un KPI


(chiffre d’affaires vert, CAPEX vert et OPEX vert)
CAPEX
Nom Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 CA vert OPEX vert
vert
1 Air liquide X 3,79 %
2 ARKEMA X 20,15 % 3,17 %
3 DANONE X 2,84 % 0,55 %
4 EDF X 2,99 %
5 LVMH X 0,56 % 0,03 %
6 RENAULT X 0,82 %
SAINT
7 X 4,73 % 0,40 %
GOBAIN
SCHNEIDER
8 X 0,10 % 0,05 %
ELECTRIC
9 SOLVAY X 22,00 %
10 VALEO X 0,52 % 0,12 %
11 VEOLIA X 19,13 % 21,72 %
12 WORLDLINE X 6,30 %
Moyenne 16,9 % 4,23 % 0.72 %
Écart-type 7,16 % 6,76% 1,22 %

Ce tableau fait apparaitre en tout premier lieu une forte hétérogénéité dans
les profils de publication. Au sein de nos échantillons, seules 12 firmes publient
au moins un KPI. Sept firmes sur 12 publient deux KPI, 5 firmes n’en publient
qu’un et aucune ne publie les trois KPI recommandés (bientôt requis par la régle-
mentation). Les indicateurs les plus souvent renseignés présentent un écart-type

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


39

très significatif par rapport à la moyenne, témoignant d’une forte hétérogénéité


parmi les émetteurs de cette information. La question du sens et de l’usage que
les lecteurs des états financiers pourront en faire se pose ainsi avec acuité.
Compte tenu des valeurs observées dans le tableau 6, VEOLIA apparait
comme étant une entreprise « best-in-class » comparativement aux autres. A
contrario, WORDLINE publiant un taux de chiffre d’affaires vert nettement
plus bas que les trois autres émetteurs, l’entreprise offre ici un signal pouvant être
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perçu comme défavorable.
Ces indicateurs sont entourés d’un narratif lui aussi très hétérogène au sein
de l’échantillon observé. SOLVAY (2019, p. 65), par exemple, déclare que « 22 %
de notre chiffre d’affaires apporte un bénéfice en termes de changement clima-
tique ». Il montre également que l’entreprise affiche, déjà en 2019 la part relative
du CA vert aux lecteurs des rapports ce qui ne nécessite donc pas de retraitement.
WORDLINE lui a publié en valeur absolue la part de son chiffre d’affaires vert,
ce qui a nécessité un retraitement pour obtenir la valeur relative.
« En 2019, Worldline a réalisé un chiffre d’affaires durable de 1 016 mil-
lions d’euros, répartis comme suit selon les cinq principaux ODD pour
lesquels la contribution de l’entreprise est la plus importante au regard de
son activité. » (Worldline, 2019, p. 119)
Les items 2 et 3 portent sur les dépenses d’investissements et d’opération
engagées par les entreprises pour lutter contre le changement climatique. Ces
informations sont variées, elles peuvent couvrir des dépenses visant à diminuer
les émissions de GES, à optimiser les déchets (économie circulaire) ou encore à
participer à des politiques de compensation des émissions (projets d’agrofores-
terie liés aux marchés carbone).
La phase de codage a permis néanmoins de distinguer deux types de cas : soit
les entreprises détaillent leurs dépenses et séparent les dépenses opérationnelles et
les dépenses d’investissement, soit elles indiquent uniquement le montant total
des dépenses environnementales sans en distinguer les montants. Ce deuxième
cas ne permet pas au lecteur d’identifier le montant attribué au CAPEX et à
l’OPEX, empêchant ainsi le codage de ces données. Pour cette raison, 10 entre-
prises seulement ont pu être codées et analysées.
Deux entreprises, DANONE et LVMH, distinguent leurs dépenses environ-
nementales avec les dépenses d’investissement d’une part et les dépenses opéra-
tionnelles vertes de l’autre.
Dans le cas de DANONE, les investissements pour protéger l’environne-
ment sont évalués à 27 millions d’euros alors que 117 millions sont destinés aux
dépenses opérationnelles, soit un total de 144 millions.

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


40

« En 2019, les investissements pour la protection de l’environnement se


sont élevés à plus de 27 millions d’euros soit environ 2,9 % des investis-
sements industriels consolidés (31 millions d’euros en 2018 soit environ
3,4 %). Ces investissements concernent essentiellement la réduction des
consommations d’eau, d’énergie, des émissions carbone et l’amélioration
de la qualité de l’eau. Les dépenses de fonctionnement liées à l’environne-
ment se sont élevées à 117 millions d’euros en 2019 (123 millions d’euros
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en 2018) : 36 millions d’euros pour la gestion des déchets, de l’eau, de
l’air ; 55 millions d’euros pour les contributions payées pour la collecte et
le recyclage des emballages ; 26 millions d’euros pour les autres dépenses. »
(Danone rapport annuel, 2019, p. 156)
Le groupe LVMH répartit également dans son rapport annuel ses dépenses
et ses investissements environnementaux distinctement. Il indique tout d’abord
les éléments inclus dans ses dépenses avant d’en préciser le montant. Il indique
aussi que les charges d’exploitation, que l’on pourrait qualifier d’opérationnelles,
atteignent 15,9 millions d’euros et que les dépenses d’investissement s’élèvent
à 10,7 millions d’euros, soit un total de 26,6 millions. Ce total est également
conforme à l’information présentée dans Datastream.
« Les postes de dépenses environnementales ont été comptabilisés en sui-
vant les recommandations de l’avis de l’Autorité des Normes Comptables
(ANC). Les charges d’exploitation et les investissements ont été reportés
pour chacun des postes suivants : protection de l’air ambiant et du climat ;
gestion des eaux usées ; gestion des déchets ; protection et assainissement
du sol, des eaux souterraines et des eaux de surface ; lutte contre le bruit
et les vibrations ; protection de la biodiversité et du paysage ; protection
contre les rayonnements ; recherche et développement ; autres activités de
protection de l’environnement. En 2019, le montant des dépenses liées à
la protection de l’environnement se répartit comme suit : charges d’exploi-
tation : 15,9 millions d’euros ; investissements : 10,7 millions d’euros. »
(LVMH rapport annuel, 2019, p. 75)
Pour ces deux dernières entreprises, il est donc possible de décomposer les
deux dépenses et ainsi d’obtenir, en valeur absolue, le montant des dépenses opé-
rationnelles et d’investissement qualifiés d’environnementaux. Cependant un
retraitement reste encore à faire pour obtenir la valeur relative de ces dépenses
qui n’est pas encore présente chez certaines entreprises analysées.
A contrario des exemples qui précèdent, quelques firmes expriment un mon-
tant global de dépenses environnementales, sans possible distinction entre l’opé-
rationnel et l’investissement. Tel est le cas d’ENGIE.
« En 2019, les dépenses environnementales (investissements et dépenses
courantes d’exploitation liées à la préservation de l’environnement) se

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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chiffrent à plus de 466 millions d’euros. » (Engie rapport annuel, 2019,


p. 105)
MICHELIN procède de la même manière, comme en témoigne le verbatim suivant :
« Dans le domaine industriel, en 2019, le Groupe a consacré 35,7 mil-
lions € (- 8 % par rapport à 2018) à des projets d’amélioration de sa perfor-
mance environnementale. Ces budgets sont appréciés sur la base de la défi-
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nition de la recommandation française n° 2003-R02 du 21 octobre 2003
du Conseil national de la comptabilité, lequel ne couvre que les dépenses
« supplémentaires » (à l’exclusion de toutes les dépenses courantes d’entre-
tien, de fonctionnement, d’élimination des déchets, etc.) et « exclusive-
ment environnementales » (hors composante environnementale incluse
dans les investissements industriels réalisés). » (Michelin rapport annuel,
2019, p. 181).
En contrepartie, on observe que le groupe MICHELIN présente une comp-
tabilité analytique détaillée des destinations de ces dépenses environnementales.

Tableau 7. Extrait du rapport annuel de Michelin (2019, p. 181)


Groupe 2019 (en milliers d’euros)
Prévention des pollutions de l’air 5997
Prévention des pollutions des eaux de surface 953
Prévention des pollutions du sol et des eaux souterraines 2543
Réduction et recyclage des déchets 2864
Utilisation durable des ressources d’eau 2047
Utilisation durable des ressources énergétiques 12 510
Réduction des gaz à effet de serre 6588
Autres 2149
TOTAL 35 651

Enfin, le groupe UNIBAIL n’a réalisé aucune distinction entre ses dépenses
d’investissement et ses dépenses opérationnelles vertes dans son rapport annuel,
il a seulement été possible de retrouver des dépenses de dépollution des sols.

Tableau 8. Extrait du rapport annuel de Unibail (2019, p. 71)


2019
Dépenses de dépollution des sols (k€) 2 384
Volumes concernés (m3) 39 599

Les items 2 et 3, représentant les dépenses d’investissement et les dépenses


opérationnelles vertes (environnementales), sont les plus difficiles à coder, car

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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certaines entreprises font preuve d’initiative en divulguant leurs dépenses envi-


ronnementales, mais sans en décomposer le montant, ce qui complique encore
la lecture. Globalement, c’est le groupe 3 (exclusivement ESG) qui contient
en valeur relative le plus d’entreprises présentant des KPI environnementaux
(4 entreprises sur 9 soit 44,44 %). Cela est certainement l’une des raisons qui
ont conduit à intégrer ces entreprises dans cet indice boursier ESG. Cependant,
les entreprises ont encore des efforts à mener pour affiner leur divulgation et pré-
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senter une connectivité directe de meilleure qualité.

5. Discussion et conclusion
Les travaux relatifs à la connectivité du reporting climat ne cessent de croitre
tant sur le plan théorique que pratique, et leur mise en place est encore en
construction (EFRAG, 2021b). La taxonomie européenne (2020) va certaine-
ment, dans les prochaines années, améliorer la qualité de la connectivité directe
et ainsi rendre plus visible le lien entre les politiques d’atténuation et d’adaptation
du changement climatique et les dépenses et produits qui y sont associés. La
connectivité indirecte mérite également une attention particulière. Cette der-
nière sera également améliorée grâce au développement de la TCFD qui participe
pleinement à l’amélioration le contenu du reporting climat (David et Giordano-
Spring, 2022 ; O’Dwyer et Unerman, 2020).
La question de la connectivité de manière générale est également au cœur des
débats de la profession comptable qui souhaite transformer l’actuelle déclara-
tion de performance extra-financière (DPEF) en une déclaration de performance
intégrée (DPI). Il ne s’agirait pas uniquement de présenter une connectivité des
informations financières et extra-financières dans le reporting, mais plutôt de
présenter sa performance au regard d’informations financières et extra-finan-
cières connectées et intégrées. Dans la lignée de cette initiative, Rambaud et
Richard (2015) proposent un nouveau modèle de comptabilité intitulé modèle
CARE qui va venir intégrer davantage le capital naturel à la comptabilité. Ce
modèle est actuellement en cours d’expérimentation par un cabinet comptable.
Son but est d’étendre les états financiers classiques, pour y incorporer les capitaux
humains et naturels, et leur appliquer les mêmes instruments de protection que
ceux utilisés en comptabilité traditionnelle pour le capital financier.
Les résultats de notre étude descriptive montrent que le niveau de connecti-
vité est relativement faible pour l’ensemble des entreprises de l’échantillon ana-
lysé, il ne dépasse pas les 50 % pour les trois groupes étudiés. Nous constatons
également des divergences de divulgation concernant la connectivité directe.
Cette dernière, qui va être imposée dans les prochaines années par la taxonomie
européenne verte, est bien souvent publiée en un seul bloc dans les dépenses

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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environnementales. Cependant, avec l’arrivée de la taxonomie européenne, il


faudra distinguer les dépenses d’investissement des dépenses opérationnelles
vertes. Pour le moment nous observons d’une part un manque d’uniformité entre
les entreprises et d’autre part une absence de divulgation d’une valeur relative
entre les dépenses qualifiées de vertes et les dépenses courantes malgré une com-
munication plus accrue pour les entreprises présentes uniquement dans le CAC
40 ESG (groupe 3).
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Ainsi, cette étude contribue également à faire un état des lieux du niveau
de connectivité des plus grosses entreprises françaises faisant partie d’un indice
boursier ESG (CAC 40 ESG) et d’un indice boursier standard (CAC 40). Cette
étude est la première à réaliser une analyse du niveau de connectivité des plus
importantes entreprises françaises à partir des travaux de l’EFRAG et de la taxo-
nomie européenne, et surtout, à utiliser un indice boursier prenant en compte
des critères environnementaux et sociaux. Cependant, l’hétérogénéité des résul-
tats obtenus lors de l’étude en matière d’indicateurs de performance (KPI) pose
des questions sur les difficultés opérationnelles de construction de normes de
reporting RSE pour les acteurs de marché.
L’une des limites de l’étude est notre focalisation sur un échantillon assez
restreint et sur une seule année ; en outre, nous nous sommes concentrés unique-
ment sur deux dimensions de la connectivité (connectivité directe et indirecte).
Pour de futures recherches, il pourrait être intéressant de réaliser une étude
européenne mesurant le niveau de connectivité d’entreprises faisant partie de
contextes historiques, institutionnels et économiques différents. Il serait intéres-
sant également de pouvoir mesurer l’impact de la mise en place de la taxonomie
européenne verte sur le reporting climat notamment en ce qui concerne la publi-
cation des KPI environnementaux.
Dans la perspective de futures recherches, Serafeim et Trinh (2020) de la
Harvard Business School, proposent un calcul permettant d’inclure l’impact
environnemental et social des activités d’une organisation dans les comptes des
entreprises. En effet à l’heure du changement climatique, il est important de
corréler le résultat d’une entreprise et le montant de ses capitaux propres avec
son impact sur l’environnement et la société. Les auteurs proposent d’évaluer
un impact global à partir des critères suivants : le recyclage en fin de vie du pro-
duit, l’utilisation environnementale du produit, la qualité du produit, l’accès et la
portée du produit. Concernant le compte de résultat, ils proposent de comparer
cet impact avec le chiffre d’affaires ou l’EBITDA. Cela permet d’obtenir une
valeur relative de cet impact par rapport à ces deux variables et ainsi de pouvoir
comparer l’impact avec d’autres entreprises. L’objectif est d’aider les décideurs
dans leurs prises de décision afin qu’ils puissent se détourner des entreprises
à fort impact négatif et se tourner plutôt vers des entreprises à impact positif.
L’effort d’inclure l’impact environnemental et social dans les comptes s’associe

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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pleinement au concept de connectivité, car il vient relier des informations non


monétaires, comme les émissions carbone, à des notions monétaires comme le
coût du carbone qui est une externalité négative pour la société. Si cette initiative
se développe, cela pourrait certainement améliorer la connectivité du reporting
climat en reliant des informations financières et non financières dans un repor-
ting intégré.
Comme le proposent Serafeim et Trinh (2020), les entreprises pourraient éga-
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lement opérer un arbitrage coût-bénéfice afin d’améliorer leur connectivité. En
effet une bonne connectivité pourrait signifier qu’une entreprise est vertueuse
d’un point de vue environnemental, mais dans les faits, cette étude n’audite pas
les pratiques des entreprises et se fie au discours divulgué dans le reporting climat
qui n’est malheureusement pas toujours exempt d’écoblanchiment. En effet, les
entreprises peuvent annoncer des programmes d’investissement visant à décar-
boner ou à réduire leurs impacts globaux (utilisation de ressources rares, faible
possibilité de recycler) qui peuvent ne jamais voir le jour. Des études antérieures
soulignent le caractère parfois arbitraire des données comptables environnemen-
tales, qui peuvent être ambigües (Vinnari et Laine, 2017) et apparaitre floues du
fait de l’absence de définitions et de référentiels communs (Senn et Giordano-
Spring, 2020).

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Annexe
Annexe 1. Classification des activités contribuant
à l’atténuation et à l’adaptation du changement
climatique selon la taxonomie européenne (2020)
Atténuation Adaptation
1 Boisement Boisement
2 Réhabilitation, Reforestation Réhabilitation, Reforestation
3 Reboisement Reboisement
4 Gestion des forêts existantes Gestion des forêts existantes
5 Forêt de conservation Forêt de conservation
6 Culture de plantes pérennes Culture de plantes pérennes
7 Culture de plantes non pérennes Culture de plantes non pérennes
8 Production de bétail Production de bétail
9 Fabrication de technologies à faible émission Fabrication de technologies à faible émis-
de carbone sion de carbone

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


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Atténuation Adaptation
10 Fabrication de ciment Fabrication de ciment
11 Fabrication d’aluminium Fabrication d’aluminium
12 Fabrication de fer et d’acier Fabrication de fer et d’acier
13 Fabrication d’hydrogène Fabrication d’hydrogène
14 Fabrication d’autres produits chimiques Fabrication d’autres produits chimiques
inorganiques de base - Fabrication de noir de inorganiques de base - Fabrication de noir
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carbone de carbone
15 Fabrication d’autres produits chimiques inor- Fabrication d’autres produits chimiques
ganiques de base - Fabrication de carbonate inorganiques de base - Fabrication de
disodique (carbonate de soude) carbonate disodique (carbonate de soude)
16 Fabrication d’autres produits chimiques inor- Fabrication d’autres produits chimiques
ganiques de base - Fabrication de chlore inorganiques de base - Fabrication de
chlore
17 Fabrication d’autres produits chimiques orga- Fabrication d’autres produits chimiques
niques de base organiques de base
18 Fabrication d’engrais et de composés azotés Fabrication d’engrais et de composés
azotés
19 Fabrication de matières plastiques sous forme Fabrication de matières plastiques sous
primaire forme primaire
20 Production d’électricité à partir de l’énergie Production d’électricité à partir de l’éner-
solaire photovoltaïque gie solaire photovoltaïque
21 Production d’électricité à partir de l’énergie Production d’électricité à partir de l’éner-
solaire concentrée gie solaire concentrée
22 Production d’électricité à partir de l’énergie Production d’électricité à partir de l’éner-
éolienne gie éolienne
23 Production d’électricité à partir de l’énergie Production d’électricité à partir de l’éner-
des océans gie des océans
24 Production d’électricité à partir de l’hydroé- Production d’électricité à partir de
lectricité l’hydroélectricité
25 Production d’électricité à partir de la géo- Production d’électricité à partir de la
thermie géothermie
26 Production d’électricité à partir du gaz (pas Production d’électricité à partir du gaz
uniquement le gaz naturel) (pas uniquement le gaz naturel)
27 Production d’électricité à partir de la bioéner- Production d’électricité à partir de la
gie (biomasse, biogaz et biocarburants) bioénergie (biomasse, biogaz et biocar-
burants)
28 Transmission et distribution d’électricité Transmission et distribution d’électricité
29 Stockage de l’électricité Stockage de l’électricité
30 Stockage de l’énergie thermique Stockage de l’énergie thermique
31 Stockage de l’hydrogène Stockage de l’hydrogène
32 Fabrication de biogaz ou de biocarburants Fabrication de biogaz ou de biocarburants
33 Rénovation des réseaux de transport et de Rénovation des réseaux de transport et de
distribution de gaz distribution de gaz

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


49

Atténuation Adaptation
34 Distribution de chauffage/refroidissement Distribution de chauffage/refroidissement
urbain urbain
35 Installation et exploitation de pompes à Installation et exploitation de pompes à
chaleur électriques chaleur électriques
36 Cogénération de chaleur/refroidissement Cogénération de chaleur/refroidissement
et d’électricité à partir d’énergie solaire et d’électricité à partir d’énergie solaire
centralisée centralisée
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37 Cogénération de chaleur/refroidissement et Cogénération de chaleur/refroidissement
d’électricité à partir d’énergie géothermique et d’électricité à partir d’énergie géother-
mique
38 Cogénération de chaleur/refroidissement et Cogénération de chaleur/refroidissement
d’électricité à partir de gaz (non exclusif au et d’électricité à partir de gaz (non exclusif
gaz naturel) au gaz naturel)
39 Cogénération de chaleur/refroidissement et Cogénération de chaleur/refroidissement
d’électricité à partir de bioénergie (biomasse, et d’électricité à partir de bioénergie
biogaz, biocarburants). (biomasse, biogaz, biocarburants).
40 Production de chaleur/de froid à partir Production de chaleur/de froid à partir
d’énergie solaire concentrée d’énergie solaire concentrée
41 Production de chaleur/de froid à partir de la Production de chaleur/de froid à partir de
géothermie la géothermie
42 Production de chaleur/refroidissement à par- Production de chaleur/refroidissement à
tir de gaz (non exclusif au gaz naturel) partir de gaz (non exclusif au gaz naturel)
43 Production de chaleur/de froid à partir de la Production de chaleur/de froid à partir de
bioénergie (biomasse, biogaz, biocarburants) la bioénergie (biomasse, biogaz, biocar-
burants)
44 Production de chaleur/refroidissement à Production de chaleur/refroidissement à
partir de chaleur résiduelle partir de chaleur résiduelle
45 Collecte, traitement et distribution de l’eau Collecte, traitement et distribution de
l’eau
46 Traitement centralisé des eaux usées Traitement centralisé des eaux usées
47 Digestion anaérobie des boues d’épuration Digestion anaérobie des boues d’épura-
tion
48 Collecte et transport séparés des déchets Collecte et transport séparés des déchets
non dangereux dans des fractions séparées à non dangereux dans des fractions sépa-
la source. rées à la source.
49 Digestion anaérobie des biodéchets Digestion anaérobie des biodéchets
50 Compostage des biodéchets Compostage des biodéchets
51 Récupération de matériaux à partir de Récupération de matériaux à partir de
déchets non dangereux déchets non dangereux
52 Captage et utilisation des gaz de décharge Captage et utilisation des gaz de
décharge
53 Captage direct du CO2 dans l’air Captage direct du CO2 dans l’air
54 Captage des émissions anthropogéniques Captage des émissions anthropogéniques
55 Transport du CO2 Transport du CO2

Comptabilité – Contrôle – Audit / Tome 28 – Volume 4 – décembre 2022


50

Atténuation Adaptation
56 Séquestration permanente du CO2 capté Séquestration permanente du CO2 capté
57 Transport ferroviaire de passagers (interur- Transport ferroviaire de passagers (inte-
bain) rurbain)
58 Transport ferroviaire de marchandises Transport ferroviaire de marchandises
59 Transport public Transport public
60 Infrastructure pour le transport à faible émis- Infrastructure pour le transport à faible
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sion de carbone (transport terrestre) émission de carbone (transport terrestre)
61 Voitures particulières et véhicules commer- Voitures particulières et véhicules com-
ciaux merciaux
62 Services de transport de marchandises par Services de transport de marchandises
route par route
63 Transport routier interurbain régulier Transport routier interurbain régulier
64 Transport fluvial de passagers Transport fluvial de passagers
65 Transport fluvial de marchandises Transport fluvial de marchandises
66 Infrastructures pour le transport à faible Infrastructures pour le transport à faible
émission de carbone (transport par eau) émission de carbone (transport par eau)
67 Construction de nouveaux bâtiments Construction de nouveaux bâtiments
68 Rénovation de bâtiments Rénovation de bâtiments
69 Mesures de rénovation individuelles, instal- Assurance non-vie
lation d’énergies renouvelables sur site et
activités professionnelles, scientifiques et
techniques
70 Acquisition et propriété de bâtiments Activités d’ingénierie et de conseil tech-
nique connexe consacrées à l’adaptation
au changement climatique
71 Traitement des données, hébergement et
activités connexes
72 Solutions de surveillance du changement
climatique basées sur des données

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